Dans son rapport n°181 consacré à la situation des assureurs en France fin 2025, l’ACPR dresse le portrait d’un secteur assurantiel français globalement robuste, porté par une dynamique commerciale soutenue, une rentabilité améliorée et des niveaux de solvabilité renforcés.
L’année 2025 confirme d’abord le regain d’attractivité de l’assurance-vie. La collecte nette atteint des niveaux particulièrement élevés, notamment au premier trimestre 2026, dans un contexte de moindre collecte des dépôts bancaires. Les supports en euros retrouvent une place significative, tandis que les unités de compte demeurent un moteur essentiel de croissance.
En assurance non-vie, les indicateurs techniques s’améliorent également. Le ratio combiné recule à 95,3 %, traduisant un redressement de la rentabilité du secteur. Cette amélioration résulte notamment de la progression des primes, en particulier en assurance automobile et en assurance dommages aux biens, ainsi que d’une sinistralité climatique plus contenue en 2025.
Pour autant, le rapport souligne plusieurs points de vigilance majeurs. La qualité du portefeuille obligataire des assureurs se dégrade, principalement sous l’effet de l’abaissement de la notation de la France. Cette évolution rappelle l’importance, pour les organismes d’assurance, d’une gestion prudente des risques souverains et d’une surveillance renforcée de la qualité des actifs détenus.
L’ACPR relève également que les expositions aux zones géopolitiques sensibles, notamment au Moyen-Orient et à l’Iran, demeurent très limitées. Toutefois, la multiplication des conflits internationaux ravive les enjeux liés à certains segments spécialisés, en particulier l’assurance maritime et la couverture des risques de guerre.
Le rapport met par ailleurs en lumière les expositions sectorielles et climatiques des assureurs. Si les actifs à forte intensité carbone représentent une part limitée des placements, certains secteurs demeurent vulnérables à un choc pétrolier ou à une intensification des tensions géopolitiques.
Enfin, les expositions au crédit privé restent contenues, mais leur suivi demeure essentiel dans un environnement de marché marqué par la recherche de rendement et par la montée en puissance des actifs peu liquides.
Avec un taux de couverture du capital de solvabilité requis porté à 250 % fin 2025, le secteur affiche une solidité appréciable. Cette situation favorable ne doit toutefois pas masquer les exigences croissantes du superviseur en matière de gestion des risques, d’allocation d’actifs, de liquidité et de gouvernance prudentielle.
Ce rapport constitue ainsi un indicateur précieux des priorités de l’ACPR et des points d’attention à anticiper pour les assureurs, bancassureurs et acteurs financiers. Sa lecture s’impose à tous les professionnels souhaitant appréhender les évolutions réglementaires et prudentielles qui façonneront le marché de l’assurance dans les prochains mois.
La présente publication est diffusée à des fins purement informatives. Elle ne constitue en aucun cas un conseil juridique et ne saurait engager la responsabilité du cabinet.

